Le conseil national de l’UCP a tenu sa deuxième session ordinaire de l’année en cours ce 30 décembre 2022 au siège du parti. Les travaux de la session se sont penchés sur les derniers développements aussi bien sur le plan politique que socio-économique.
Cette session se tient dans un climat de recrudescence de la répression, notamment après l’arrestation spectaculaire du journaliste Ihsane El Kadi et son incarcération, ainsi que la mise sous scellés des locaux de « Radio M » et de « Maghreb Emergent » les deux médias qu’il dirige. Cette répression est accentuée par une instrumentalisation de la justice à des fins politiques comme nous pouvons l’observer à travers les harcèlements judiciaires contre les différents acteurs politiques, associatifs et citoyens engagés. L’UCP en est une preuve puisque l’affaire qui l’oppose au ministère de l’intérieur demandant sa dissolution est toujours pendante devant le conseil d’État depuis plus de 20 mois et ce après avoir gagné celle du référé qui a débouté le ministère de l’intérieur. Alors que la loi 12-04 relative aux partis politiques limite le délai de règlement de ce type de contentieux à deux mois.
L’UCP rappelle que les libertés individuelles et collectives sont consacrées et garanties par la constitution de 2020, et appelle les pouvoirs publics à respecter ses dispositions. Notamment l’article 54 de la constitution, qui dispose clairement, l’interdiction de peine privative de liberté à l’encontre des journalistes pour délit de presse. Il dispose aussi que l’interdiction d’activité de la presse, y compris les sites et journaux électroniques, ne peut se faire qu’en vertu d’une décision de justice.
La réunion du conseil national a été aussi l’occasion d’évaluer la situation socio-économique sur le terrain après les annonces faites par l’exécutif. Notamment l’application des dispositions du nouveau code des investissements et la loi de finances 2023, il ressort que ces textes de loi ne traduisent pas une vision ni une projection qui générerait un climat de confiance et un retour massif à l’investissement aussi bien national qu’étranger. Ceci est d’autant plus préjudiciable en l’absence de statistiques fiables et de chiffres officiels probants. Il y a lieu d’observer que sur ce plan, l’effet d’annonce prime sur le pragmatisme économique.
Ainsi, la hausse des salaires annoncée, si elle ne s’accompagne pas d’une augmentation de la productivité, produira inévitablement une inflation qui impactera encore une fois les équilibres macroéconomiques au détriment des couches les plus fragiles.
Quant à l’amélioration des réserves de changes. Celle-ci s’est faite, au gré d’une gestion hasardeuse de l’économie nationale, décriée par tous les experts Algériens, génératrice de pénuries chroniques touchant indistinctement les citoyens et ainsi que les industries sensibles. Confirmant ainsi notre forte dépendance à la rente pétrolière, seule et unique variable d’ajustement de notre système économique.
L’UCP réitère son attachement aux mesures d’apaisement et au renforcement du front intérieur à travers la libération des détenus politiques et d’opinion, ainsi que la levée des toutes les entraves aux activités politiques et associatives. L’ouverture du champ médiatique, le débat contradictoire et la concertation politique restent une nécessité au regard des ambitions de l’Algérie et de l’influence du contexte international sur notre pays.
Le tout répressif et la division pour mieux régner n’ont jamais été une solution et risquent même de nous faire perdre les acquis des sacrifices de plusieurs décennies.
L’UCP considère que notre pays dispose d’énormément d’atouts pour changer de paradigme politique et socio-économique afin de développer le pays et le sortir de la dépendance chronique de la rente en mobilisant le peuple autour d’un projet national basé sur l’État de droit, la valorisation du travail et l’ouverture sur le monde.
L’UCP saisit cette occasion pour souhaiter une bonne et heureuse année 2023 à l’ensemble des citoyennes et des citoyens algériens. Que cette année soit celle de la liberté.
Le Bureau Exécutif.
Alger, le 30/12/2022
